Views
3 years ago

Inspiration 03/2015 fr

  • Text
  • Laine
  • Montagne
  • Fibres
  • Prix
  • Icebreaker
  • Travail
  • Cervin
  • Voies
  • Produits
  • Leonidio

Non moins spectaculaire

Non moins spectaculaire : la course de préparation au Breithorn. Les heureux gagnants : Sabine et Christophe se réjouissent des bonnes conditions. BON PLAN 14 Moses ont prévu une variante plus exigeante : la moitié de la traversée du Breithorn. Sur le glacier de Verra, plat mais crevassé, les alpinistes prennent la direction de l’est. Aucun nuage en vue. « Gardez la corde toujours bien tendue », recommande Moses avant que l’équipe n’enjambe les premières crevasses béantes. Peu avant les Breithornzwillinge la cordée remonte une pente raide pour déboucher sur l’arête où ils commencent l’escalade. Les prises dans le rocher rouge sont bonnes et permettent à Sabine et Christophe de progresser aisément. La confiance augmente avec chaque mouvement, le sourire ne quitte plus le visage de Sabine. « L’escalade sur l’arête Hörnli est assez semblable », dit Moses. Les yeux des deux aspirants au Cervin brillent. « Mais en plus long, beaucoup plus long ». Chacun est cons cient que le Cervin n’a rien à voir avec une balade de santé. « Bien sûr que je suis un peu nerveuse », dira Sabine l’après-midi, de retour en vallée. « Mais après la sortie d’aujourd’hui je me réjouis encore plus d’aller au Cervin ». La respiration est lourde. Cela fait un moment que l’escalade se déroule à plus de 4000 mètres, ça coûte de l’énergie. Idéal pour s’acclimater. En route pour le sommet principal du Breithorn, l’arête du Hörnli s’incruste dans le cerveau. Pendant ce temps, le compte à rebours sur la place de la gare tourne. Le lendemain soir, l’objectif semble tangible. Il est possible de voir tout l’itinéraire depuis la terrasse de la cabane Hörnli – ça paraît infiniment long. Sabine enfile ses mains dans ses poches. Une légère brise fait voleter ses cheveux blonds devant son visage. Pleins de vénération, ses yeux scrutent le colosse rocheux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans un nuage. L’alpinisme a une signification toute particulière pour elle. « Ce sport nous montre continuellement ce qui est possible et nous fait voir la beauté des choses », médite-t-elle. Son regard ne cesse de parcourir la fabuleuse arête. « Vous pouvez sortir les crampons du sac à dos », lance David, un guide de montagne, le soir à table. Sabine et Christophe se jettent un regard critique. Mais David doit savoir de quoi il parle. Après sa 200 e ascension du Cervin, il a arrêté de compter, dit-il. Un vrai pro. Les conditions sont exceptionnelles cette année, toute l’arête est exempte de neige. Le bulletin météo prévoit une haute pression stable pour le jour de l’ascension – pour son anniversaire, le sommet fait des cadeaux. La saison précédente a démontré que l’inverse est aussi possible. « Des conditions catastrophiques », se rappelle Les derniers mètres avant la cabane, Zermatt semble bien petit.

INFOS ARÊTE DU HÖRNLI LOCALITÉ DANS LA VALLÉE Zermatt, 1608 m POINT DE DÉPART Hörnlihütte, 3260 m, 027 967 22 64 DÉNIVELÉ 1218 m au départ de la Hörnlihütte EXIGENCES Sortie en haute montagne AD+, escalade jusqu’à UIAA 3, recherche exigeante de l’itinéraire Vue plongeante sur la Hörnlihütte, l’escalade demande de la concentration. GUIDES DE MONTAGNE Mammut Alpine School, 062 769 81 83 David, « le concierge du Cervin ». Il n’a pu y aller qu’une seule fois. Les bonnes années, il gravit environ 30 fois le fameux Toblerone. Sabine et Christophe sont reconnaissants. Ce n’est pas souvent que les différentes pièces du puzzle s’accordent si bien pour un alpiniste. Les chances sont donc intactes. Sabine se tortille dans son lit. Elle a subitement de très fortes douleurs. « Restons calme, ça va s’arranger », se dit-elle et tente de se débarrasser des douleurs sur le côté droit en respirant profondément. « Petite crise due à l’émotion ? » Mal d’altitude ? Grippe intestinale ? Appendicite ? La guide Elli parcourt mentalement toutes les possibilités. « Et merde, pourquoi maintenant ? » Après deux heures de douleurs devenant de plus en plus fortes, Sabine doit se résigner : « Je n’en peux vraiment plus, ce n’est pas une question de volonté. » L’attente de l’hélicoptère semble durer une éternité. À une heure du matin, l’engin disparaît avec Sabine dans le noir. L’arête du Hörnli s’éloigne au fur et à mesure que l’hôpital s’approche. 3h48. Moses contrôle le nœud de huit au baudrier de Christophe. « Parfait ». Le casque sur la tête, la frontale allumée. Pas moins de 30 cordées se préparent dans le couloir de la cabane Hörnli. Telle une masse visqueuse, la horde d’alpinistes avance vers la sortie, chacun espère avoir une bonne place au départ. L’image romantique de l’alpinisme disparaît pour un court instant puis la porte s’ouvre. De l’air frais emplit les poumons de Christophe. Il suit Moses pas après pas. Les semelles en caoutchouc cherchent de l’adhérence dans les éboulis et remplissent l’air d’un crissement au rythme méditatif. L’aventure Cervin commence. Au même moment, Sabine est couchée à l’hôpital de Viège. Un coup d’œil sur la montre lui fait comprendre : « Zut, ils partent maintenant – et je suis ici. » La haute dose de médicament soulage au moins un peu les douleurs que lui inflige un calcul rénal. Dès les premiers mètres, l’arête demande l’utilisation des mains. Mouvement après mouvement Christophe se hisse à la lueur de sa frontale. « Il ne faut pas partir trop vite », les mots prémonitoires de Moses retentissent dans sa tête. Déjà à 3500 mètres le manque d’oxygène se fait sentir. Encore 950 mètres. Depuis tout gamin Christophe rêve d’escalade. C’est aussi pour cela que le Cervin est rapidement devenu une idée fixe. « Le sommet du Cervin ne peut être atteint qu’en grimpant, quelle que soit la face », s’enthousiasmait-il. Tout à coup c’est l’agitation. Une cordée à gauche, une directement au-dessus de lui. Les cordes se croisent tels les fils d’une toile d’araignée. Derrière lui ça pousse. Le pouls s’emballe. Ses mains cherchent une prise dans le granite et ses pieds tâtonnent pour trouver des aspérités. Christophe a les premiers doutes dans la dalle Moseley. Afin de fuir l’agitation, Moses délaisse le bivouac de Solvay à 4003 mètres à droite et attaque immédiatement la dalle Moseley BON PLAN 15

Français

Proposition de sorti 02.2018 - Freeride autour d’Airolo Neve polverosa nel sud !
Proposition de sorti 01.2018 - Recette glacée et verticale

NEWSLETTER
SOCIAL MEDIA


#baechlibergsport