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Inspiration 3/2016 fr

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« Céder est tout à

« Céder est tout à fait humain. Personne n’est Superman. » Stefan Glowacz descend en rappel dans la grotte de Majlis al Jinn à Oman (2014), projet « Into the Light ». Klaus Fengler / Red Bull Content Pool APPRENDRE À LÂCHER PRISE RENCONTRE AU SOMMET 18 Escalade et alpinisme, (pas) une question d’âge ? Depuis plus de trois décennies, Stefan Glowacz (51 ans) compte parmi les plus célèbres grimpeurs germanophones. Il est actuellement en quête de nouveaux horizons et prévoit une expédition sur l’île de Baffin – sur des big walls présentant un niveau de difficulté 9 et 10. Il ne souhaite pourtant pas se cramponner désespérément à la roche. Un entretien sur le vieillissement.

Comment allait ton dos lorsque tu t’es levé ce matin ? Stefan Glowacz: Je n’ai aucun problème avec mon dos. Mais il est vrai qu’avec mes 51 ans, mon corps m’envoie suffisamment de signaux depuis différentes zones. Il essaie de me dire : hey, tu vis encore ! (rires) Je sens mes épaules. Le matin, il me faut un certain temps avant que mon corps fonctionne à nouveau correctement. Je grimpe depuis 35 ans pour la performance. Certains sportifs deviennent invalides à ce rythme. Je suis content que cela me procure toujours du plaisir. Procurer du plaisir : qu’est-ce que cela signifie pour toi ? Pouvoir grimper plus ou moins sans douleur. C’est sûr, avant de me lancer sur des voies difficiles, je dois me mobiliser avec une gymnastique spéciale. Je dois aussi m’échauffer plus minutieusement qu’autrefois. Mais, aussi longtemps que je pourrai continuer ainsi, je serai très heureux. À tes yeux, le fait d’avoir du plaisir signifie-t-il aussi grimper à un certain niveau ? Oui, grimper à mon niveau personnel. Lorsque je fais de l’escalade sportive, je ne me compare pas à Adam Ondra, Chris Sharma ou Alex Megos. Ce serait présomptueux. Tu dois pouvoir réussir à te réjouir pleinement du fait que ta discipline sportive se développe, qu’elle ne stagne pas. Cela me fait plaisir de voir que certaines parois sont escaladées aujourd’hui à des niveaux de difficulté que je ne pourrais absolument plus me représenter. Tu cherches depuis longtemps des défis sur des voies à l’écart de la civilisation, sur des big walls se trouvant à l’autre bout du monde. Je vais justement bientôt décoller pour la Glowacz est récemment parti sur l’île de Baffin avec une luge multifonction en carbone, développée spécialement à cet effet. troisième fois vers l’île de Baffin en compagnie de Robert Jasper et du photographe Klaus Fengler. L’île de Baffin est la cinquième plus grande île au monde. Elle est située entre le Canada et le Groenland. Ses fjords sont bordés de falaises pouvant atteindre 1000 m et plongeant à la verticale dans la mer – outre la vallée de Yosemite, il s’agit de l’épicentre des grimpeurs en termes de big walls. Pourtant, contrairement à Yosemite, le chemin pour atteindre la paroi représente un challenge à lui-même. C’est-à-dire ? Au début de l’été, lorsque les températures nous permettent de grimper, la glace se brise. Comme pour nos autres expéditions, nous voulons atteindre notre destination par nos propres moyens, « by fair means ». J’ai donc développé, en collaboration avec des experts, une luge spéciale en carbone pour parcourir les 100 à 150 kilomètres qui séparent Clyde River au fjord Sam Ford. Par endroits, nous nous déplacerons de manière classique sur notre luge. Sur d’autres passages, nous monterons des jantes de VTT sur notre engin multifonction afin de le transformer en rickshaw. Nous devrons certainement traverser aussi des cours d’eau et des fjords. Nous ajouterons donc un corps flottant à la luge pour en faire un raft. Enfin, pour économiser du poids, la luge a été conçue de façon à pouvoir également être utilisée comme portaledge. Cela requiert une grande expérience. Aurais-tu été capable d’entreprendre une telle expédition il y a 20 ou 30 ans ? Je ne crois pas. Les autres expéditions m’ont été nécessaires, ne serait-ce que pour avoir l’idée de développer une luge de ce genre. En fin de compte, c’est elle qui a permis de répondre à toutes les questions en suspens. Il y a 20 ans, je me serais certainement lancé dans cette aventure d’une toute autre manière. J’aurais laissé bien plus de questions sans réponse. Sans les expéditions, te manquerait-il quelque chose ? Forcer la curiosité et aller voir ce qui se passe derrière l’horizon est une attitude RENCONTRE AU SOMMET 19

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