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Inspiration 3/2016 fr

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« Je ne resterai

« Je ne resterai certainement pas assis à la maison et ne ferai pas le tour du lac de Starnberg à vélo.» RENCONTRE AU SOMMET 20 fondamentale et une philosophie de vie chez moi. Il est évident qu’il me manquerait quelque chose si je n’étais plus capable de le faire. Pourtant, cela ne me rendrait pas triste si, un jour, je ne pouvais plus le faire dans une forme aussi extrême. En effet, je dois être reconnaissant de tout ce que j’ai déjà pu vivre. Mais je ne devrai pas me contenter de me réciter cette gratitude ; il faudra que je sois intimement convaincu qu’il existe des choix de vie qui peuvent nous mener dans une autre direction. Cela semble facile à dire maintenant. Mais sans les expéditions, un pilier de ma vie s’effondrera effectivement et je devrai me redéfinir – un processus d’apprentissage qui sera passionnant. A quoi ressemblera le Stefan Glowacz 5.0 ? Il ne restera certainement pas assis à la maison et ne fera pas le tour du lac de Starnberg à vélo. Peut-être que j’investirai encore davantage d’énergie dans mon entreprise, Red Chili. Mais il est clair que cette activité ne pourra pas non plus compenser ma soif d’aventure. Je serai probablement toujours par monts et par vaux, d’une manière ou d’une autre. Après tout, j’ai toujours pu faire les choses que j’aime faire dans ma vie. Je vois la recherche de nouvelles perspectives comme une prime, comme un défi enrichissant. Nombre de gens n’y parviennent pas, ne sont pas en paix avec eux-mêmes. Beaucoup n’ont pas le courage de mettre en œuvre ce qu’ils auraient envie de faire. Ils remettent toujours les choses à plus tard. Et lorsqu’ils ne sont effectivement plus en mesure de le faire, ils s’offusquent que la vie soit aussi cruelle avec eux. Cela peut être dû à des peurs comme à des influences extérieures, familiales ou professionnelles. Des doutes tels que « si je vais jusqu’au bout, je perdrai peut-être ma famille » sont absolument légitimes. Pourtant, je pense que chaque personne, peu importe son âge, doit aussi pouvoir se comporter en égoïste dans certaines phases de sa vie si elle souhaite l’organiser en toute conscience. Autrement, elle trouvera toujours une excuse pour justifier le fait de ne pas réaliser ses grands projets. La chose la plus horrible serait de se retrouver un jour devant son cercueil et d’être forcé de reconnaître que l’on ferait absolument tout différemment dans une autre vie. Je ne veux pas que cela m’arrive. Je veux pouvoir me dire : je referais tout exactement de la même manière. Est-ce qu’il est plus difficile pour toi de rester en forme aujourd’hui ? T’entraînes-tu différemment d’autrefois ? J’essaie de m’entraîner de façon à « maintenir le matériel », principalement dans le domaine régénératif. Et pas avec des pointes brutales. En tout cas pas avec la même fréquence qu’autrefois. Et plutôt de manière douce pour le corps. J’intègre des éléments de yoga dans mon programme d’échauffement. J’ai aussi besoin de m’entraîner pour mon estime de moi et pour me sentir satisfait. Sans l’entraînement, il me manque quelque chose. Pourtant, le corps connaît une baisse de régime lorsque l’on prend de l’âge. Parviens-tu à compenser cette perte avec l’expérience ou la routine ? Difficilement. L’explosivité, par exemple, di-

Glace à perte de vue, roche abrupte : l’île de Baffin est le terrain de jeu favori de Glowacz, qui y a déjà fait une expédition en 2008 avec Robert Jasper. minue de manière inéluctable. Je peux évidemment m’entraîner très intensivement pour y remédier. Mais d’une manière générale, le niveau baisse lentement. Vieillir représente une évolution insidieuse. En particulier du point de vue des performances physiques. En tant que sportif de haut niveau, tu sais à un moment donné que c’est terminé, que tu ne peux plus tenir le rythme. Pourtant, tu ne veux pas l’accepter dans un premier temps. Tu peux lutter encore un moment contre ce fait, mais tu remarques tôt ou tard que cela n’est plus possible. C’est un combat perdu d’avance. Chaque sportif, chaque être humain doit faire la paix avec cela. On peut l’accepter si l’on a le sentiment d’avoir exploité son potentiel à 100 %. Et c’est mon cas. Tes expéditions ont-elles représenté un moyen de ne pas sombrer après ta carrière de compétiteur ? J’ai grandi à la montagne. J’ai toujours été un aventurier dans l’âme. Les aventuriers tels que Scott, Nansen ou Shackleton m’ont toujours plus intéressé que n’importe quel grimpeur. En réalité, je me suis contenté de retrouver mes racines. Il s’agissait d’une évolution tout à fait logique. C’est aussi pour cette raison que j’ai facilement pu lâcher prise par rapport à la compétition. Art, musique, politique, sciences – c’est souvent à l’âge de la retraite que les gens donnent le ton dans de nombreux domaines de la vie. Est-ce qu’un grimpeur peut vieillir tout en restant cool et crédible sur la scène de la grimpe ? C’est à la scène d’en décider. S’accrocher désespérément à quelque chose uniquement pour pouvoir toujours être considéré comme « cool » serait voué à l’échec. Ce serait se ridiculiser. Mais aussi longtemps que tu restes curieux, tu peux être cool même à un âge avancé. Je peux m’imaginer jouer de plus en plus le rôle de parrain, où j’aurais une idée d’expédition et je dirais : c’est maintenant au tour des jeunes, que je pourrai soutenir grâce à mon expérience. Udo Lindenberg a récemment publié son nouvel album, qui porte le titre « Plus fort que le temps ». Partages-tu cette idée ? Bien sûr, c’est un crédo ! En tant que sportif, tu ne pourras jamais faire un pied de nez à l’âge. Mais ce que tu peux faire, c’est lutter constamment là-contre avec ton état d’esprit et ton entrain. Céder est tout à fait humain. Personne n’est Superman. Il s’agit d’atteindre le meilleur résultat possible. En définitive, l’essentiel est simplement de faire quelque chose. Car cette attitude active est – du moins pour les amateurs de sport – une forme de bonheur. Mon plus grand souhait est de ne jamais perdre cet état d’esprit et cette énergie. Tu présentes des exposés, notamment à des dirigeants économiques. Tes auditeurs ont donc souvent eux-mêmes un âge avancé. Que peux-tu leur transmettre d’enrichissant ? Il s’agit de personnes extrêmement bien formées et intelligentes, qui sont hautement spécialisées dans leur domaine. Mais les CEO ont également besoin d’une vue d’ensemble. Ils ont une grande soif de savoir. Notamment en ce qui concerne la persévérance ou l’organisation d’une expédition, l’élaboration d’un équipement permettant d’atterrir dans une région où l’on n’avait encore jamais mis les pieds. Leur tête se met immédiatement à bourdonner. En définitive, tout peut être résumé à un nombre limité de paramètres qui fonctionnent dans tous les domaines de la vie : la passion est toujours le moteur. Les personnes performantes font leur travail avec une grande passion. Cette obsession est nécessaire pour faire progresser ton entreprise. Exactement comme lorsque l’on parcourt le désert de Patagonie en direction du cerro Murallón trois fois de suite. RENCONTRE AU SOMMET 21

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