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Inspiration 3/2017 fr

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BON PLAN CHEMIN DES

BON PLAN CHEMIN DES CRÊTES DU JURA 310 KILOMÈTRES DE LONG Décélération pour le programme du soir – dans le Jura, le quotidien est vite oublié. ALPAGES TRADITIONNELS La boucle qui passe par le Chasseral mène devant plusieurs métairies. Bien que la tentation d’y faire une halte soit forte, nous continuons notre route. Nous faisons un petit signe à la tour émettrice haute de 120 m et courons vers la vallée sur des prairies ondulées recouvertes de dents-de-lion et parsemées d’épais tapis de gentianes. Le chemin recommence à monter, nous offrant une vue sur le lac de Bienne lorsque nous atteignons la crête du col de la Vue des Alpes, une place de pique-nique très fréquentée où l’on vend du chocolat et des abricots. Nous suivons la large crête herbeuse et passons la Tête de Ran, Pouet Carré, les Grandes Pradières-Dessus et le Mont Racine. De courtes mais violentes averses nous forcent à trouver refuge sous le toit pyramidal d’un point géodésique. Comme les nuages de pluie se déplacent lentement, nous les esquivons en descendant par la face Le son familier des cloches de vaches nous motive à monter toujours plus haut. 13'800 MÈTRES DE DÉNIVELÉ 1680 M LE POINT CULMINANT nord de la crête vers la Grande Sagneule et la Tourne. Nous passons devant des fermes et des vaches se dirigeant vers les hauts pâturages d’été. Nous passons la nuit à L’Aubier, un éco-hôtel situé à Montezillon – un détour très gratifiant. Nous terminons la journée sur une douce note en savourant un délicieux repas et des desserts fait maison, tout en profitant de la vue sur le lac de Neuchâtel. Le lendemain, nous revenons en bus au col de la Tourne, où nous reprenons notre course. Nous passons devant des vaches broutant sur des pâturages avant de plonger à nouveau dans la forêt. Le sol mou amortit nos pas. Le sentier serpente entre de hauts arbres envahis par le lichen. Seuls de rares rayons de soleil nous atteignent à travers l’épais feuillage. Le gazouillis des oiseaux forme un agréable fond sonore. De temps en temps, nous faisons un bref détour vers l’un des nombreux éperons rocheux afin de jeter un coup d’œil sur les lointaines Alpes. Le sentier plat ne nécessite pas d’attention particulière, ce qui nous permet de nous attarder sur notre environne- 14

JURA L’amphithéâtre naturel du Creux du Van est un lieu magique. Au pas de course dans la forêt enchantée. ment : la fraîcheur humide de la forêt, le chatouillement des fougères froides qui dépassent du chemin, l’odeur d’oignon et de pin. Nous courons en mode « pilote automatique », perdus dans nos pensées… RETOUR EN ARRIÈRE Mes pensées me ramènent à mes premières aventures de trail running dans le Jura, au brouillard et à la brume, aux champignons, aux chamois et aux sangliers. Durant une de mes randonnées d’alors, j’ai entendu l’appel de la forêt et me suis rapidement enfoncé dans les bois. Mes pieds ont appris à courir sur les pierres humides, à suivre quelque chose d’invisible en montant des pentes raides parsemées de rochers puis en descendant sur un sentier recouvert de racines. Bien que je ne sois encore jamais venu sur ce chemin, la course d’aujourd’hui me semble familière. Le rythme synchronisé des pas me tire vers l’avant. Et je m’imagine des lynx rôdant aux alentours qui nous observent. Nous courons en direction de Noiraigue et traversons le village, puis montons sur le versant opposé vers les Oeillons. Nous suivons dans un premier temps une route raide et large avant de rejoindre le sentier des 14 contours, qui mène en zigzag au Creux du Van. LE CREUX DU VAN - ÉPOUSTOUFLANT Un mur de pierre courbé s’étire en parallèle de l’abîme. Nous courons prudemment entre cette barrière et le profond amphithéâtre naturel. Nous passons l’après-midi au bord du Creux du Van et comptons les lignes dans la pierre calcaire, qui évoquent les anneaux de croissance d’un arbre. Une demi-douzaine de bouquetins se repose non loin de nous. Plus tard, nous passons les bornes marquant la frontière entre les cantons de Neuchâtel et de Vaud. Une courte averse nous pousse vers Le Soliat, restaurant et exploitation à proximité du point d’observation. Quelques randonneurs et touristes se sont rassemblés et dégustent des plateaux de viande et du vin. Nous continuons sur le sentier du Single. La descente en direction de la ferme Robert, une auberge construite en 1750, est souvent très raide et glissante. Nous traversons l’Areuse INSPIRATION 03 / 2017 15

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