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Inspiration 3/2017 fr

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RENCONTRE AU SOMMET

RENCONTRE AU SOMMET ressentir les émotions. Cette interaction entre danger, souffrance, froid et beauté, joie, satisfaction. Le bonheur total n’est possible que lorsqu’on se donne au maximum. Cascade de glace illuminée : la concrétisation de l’idée aura duré trois ans. « Le résultat dans cette grotte en Norvège a dépassé toutes mes attentes », explique Thomas Senf (mars 2013). filles n’essaient plus de prendre des poses avantageuses devant la caméra. Ils veulent juste sortir intacts de ces conditions météorologiques. Pour moi, ces images sont l’incarnation de l’authenticité. Quand une image est-elle parfaite ? Lorsque celle-ci est authentique et qu’elle montre la force et le pouvoir de fascination des montagnes. Lorsque l’observateur voit à quel point l’homme est petit en montagne. Pour moi, la nature est toujours au premier plan. Je donne la priorité aux montagnes et tente de placer les humains à l’intérieur. Pour pouvoir mettre en scène le danger de la manière la plus imagée possible ? En tant que photographe, je veux surtout raconter des histoires. Et les images ne peuvent raconter une histoire que lorsque l’observateur peut « En tant que photographe, je veux surtout raconter des histoires. » En tant que photographe et cameraman, arrivez-vous à profiter de l’escalade ? L’insouciance disparaît avec la professionnalisation, ce que je regrette. Durant une expédition, je ne pense qu’à la façon de trouver les meilleures positions et aux images que je dois encore prendre. Et ceci aussi bien à la montagne que durant les jours de repos au camp. Je ne peux jamais rester assis et me détendre. C’est au sommet que cela devient le plus extrême. Lorsque les autres atteignent le sommet avec soulagement, je ne peux pas savourer ce moment de joie. Je dois aussitôt réfléchir à la manière de prendre la plus belle image de sommet afin de capturer les émotions. Cela fait partie de mon métier, le métier de mes rêves d’ailleurs. Vous êtes originaire de Leipzig, en Allemagne de l’Est. Où avez-vous appris à grimper ? Dans les montagnes gréseuses de l’Elbe. Il s’agit d’une des régions d’escalade les plus exigeantes au monde sur le plan psychique, car les points d’assurage y sont très rares. J’y ai appris à gérer mes peurs et à extrêmement bien m’autoévaluer. Il m’est arrivé très souvent de me tenir dix mètres au-dessus du dernier point d’assurage, totalement désespéré. Et je devais me sortir tout seul de cette situation. Quand on apprend à grimper là-bas, on peut grimper partout et on a même du plaisir à escalader les voies les plus sauvages. Vous êtes pourtant venu en Suisse, où les voies sont généralement très bien assurées. Qu’est-ce qui vous a 48

THOMAS SENF amené ici ? Les grandes montagnes. Durant mes études, j’ai cherché une place de stage dans les Alpes. C’est ainsi que j’ai atterri chez Mammut à Seon, par hasard. Vous vivez depuis quinze ans dans l’Oberland bernois. Pourquoi cette région précisément ? C’est grâce à Stephan Siegrist, qui m’a arrangé autrefois un emploi saisonnier de moniteur de ski à Gstaad. Durant cette période, j’ai commencé ma formation de guide de montagne. C’était mon grand rêve déjà à l’adolescence, même s’il me semblait à des années-lumière en tant que Leipzigois. La vie du photographe dans un froid extrême : pendant quatre semaines, cette plateforme de bivouac aura servi à Thomas Senf de bureau, de cuisine et de chambre à coucher. 500 mètres au-dessus du sol dans la voie « Riders on the Storm », Torre Central, Patagonie (janvier/février 2016). Vous ne travaillez pourtant plus comme guide de montagne. Beaucoup de choses dans ma vie se sont réalisées par hasard. C’est également par hasard que j’ai commencé ma carrière de photographe. À un moment donné, j’ai dû faire un choix entre les deux professions. Parlons de la RDA : vous aviez neuf ans lors de la chute du mur. Quels souvenirs en gardez-vous ? Pour moi, le plus grand moment a été lorsque ma tante, qui habitait à l’Ouest, m’a envoyé une boîte d’ananas pour mon anniversaire. Cela n’existait pas chez nous. J’ai eu longtemps honte d’avoir grandi en RDA. Aujourd’hui, j’en suis plutôt fier. Cette période m’a fortement marqué. Si le mur n’était pas tombé, que serais-je devenu ? J’imagine que j’aurais pu être fusillé devant le mur, car j’aurais tenté de fuir. Votre soif de liberté a-t-elle un rapport avec le mur ? Lorsque le mur était encore là, j’étais enfant. Je ne me suis donc pas senti prisonnier à cause de lui. Ma soif de liberté ne vient pas de là. Mais mon passé m’a peut-être PHOTOGRAPHE À LA VERTICALE Thomas Senf, né en 1981 à Leipzig, vit depuis 2002 dans l’Oberland bernois et parle le suisse allemand presque sans accent. Déjà durant ses études d’ingénieur en génie mécanique, il était attiré par les hautes parois de ce monde. Il a réussi plusieurs premières ascensions et premières réalisations dans les Alpes, en Asie et en Patagonie. Depuis dix ans, ce guide de montagne diplômé travaille principalement comme photographe et réalisateur de documentaires avec des alpinistes professionnels. Ceux-ci ne l’apprécient pas uniquement pour ses photos et ses talents de grimpeur, mais également pour sa prudence et son humour. Son dernier film, « Tupendeo », est actuellement présenté dans différents festivals du cinéma de montagne internationaux. rendu plus radical lorsqu’il s’agit de rechercher la liberté. Vous avez pourtant décidé d’acheter une maison et de fonder une famille. Pour les choses qui comptent à mes yeux, comme la famille, je suis prêt à abandonner un peu de ma liberté. Cela ne signifie pas pour autant que je mène un style de vie conventionnel. Votre partenaire Rahel est également alpiniste. Est-ce important pour vous ? Oui. Ma dernière longue relation a échoué précisément parce que ma partenaire souhaitait un style de vie classique, et que je ne le pouvais pas et ne le voulais pas. Vous avez emmené votre fils Ben en France pour faire du bloc alors qu’il avait deux mois... Jusqu’à présent, ma vie de famille fonctionne comme je l’avais imaginé. Ben passe de nombreuses heures dans le hamac sur le spit le plus bas. En raison de ma nouvelle situation familiale, je n’entreprendrai aucune expédition cette année. Je veux passer du temps avec mon fils et le voir grandir. Cela m’importe plus que tout le reste. INSPIRATION 03 / 2017 49

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