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Inspiration No. 03 - 2022

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Rencontre au sommet Dani

Rencontre au sommet Dani Arnold Thema Rubrik « C’est mon ventre qui me dit oui ou non. » Il faut se méfier de l’eau qui dort, dit-on. Dani Arnold n’est pas l’alpiniste le plus bruyant qui soit, bien qu’au vu de ses performances, il aurait de quoi se vanter. Au cours de cette interview, il nous parle de son intuition, nous révèle pourquoi les spécialistes ne l’impressionnent pas et pourquoi ses courses en solo sont sous-estimées à tort. Interview Jürg Buschor Est-ce que tu te préoccupes de savoir ce que le grand public pense de toi et de tes actes ? Plus autant qu’avant. Mais ça n’a pas toujours été le cas, j’ai de la peine à gérer la critique. Mon style sans compromis offre de nombreuses possibilités d’attaque. Mais aujourd’hui, je vis bien avec l’idée que je ne plais pas à tout le monde. Car finalement, je fais les choses pour moi. Et j’ai l’impression que c’est la voie à suivre. Malheureusement oui. Les temps ont changé. Je trouve cependant que notre honneur est l’un de nos biens le plus précieux. Mais le passé a démontré que tout le monde n’a pas toujours pensé ainsi. Surtout lorsque de l’argent était en jeu. Ce n’est pas forcément compatible lorsque les apparitions marketing et le management sont super professionnels d’un côté, mais que l’on perd systématiquement son appareil photo au moment où on réalise des exploits alpins. Cervin (2015), Piz Badile (2016), Grandes Jorasses (2018), Cima Grande (2019) et Petit Dru (2021) : l’Uranais Dani Arnold détient le record de vitesse sur cinq des six grandes faces nord des Alpes. Peut-on échapper à la pression du public et des sponsors qui poussent à faire des choses toujours plus extrêmes ? Je pense que c’est toujours dans un coin de ma tête. Mais c’est tout à fait normal : je reçois quelque chose de la part des sponsors, donc j’ai envie de leur donner beaucoup en échange. Des objectifs toujours plus élevés impliquent aussi des risques plus élevés. En montagne, il n’y a pas de contrôle absolu sur les acteurs. Cela a suscité plusieurs polémiques dans l’histoire de l’alpinisme. Un alpiniste de pointe doit-il prouver ses performances ? Est-il justifié d’éprouver une certaine méfiance envers les alpinistes ? Si une opportunité de conférence ou un contrat de sponsoring me passe sous le nez, je peux vivre avec. Mais je trouve que c’est injuste lorsque des jeunes motivés se mesurent à une performance qui n’a en réalité pas eu lieu. Je me sens responsable et je dois me comporter en exemple. Les records de vitesse sont spectaculaires. Mais en montagne, les conditions changent constamment – les comparaisons de performances ont-elles un sens ? Les comparaisons sont très difficiles, en particulier dans les grandes faces Photo : Romano Salis 48 49

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