Inspiration Nr. 02-2020

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RUBRIK UNTERRUBRIK

RUBRIK UNTERRUBRIK PLAISIR DIVIN ARCHITECTURE DE MONTAGNE NOUVEAU MONDE ALPIN TEXTE UTE WATZL Le cube en acier inoxydable perché sur le col de Tracuit brille au soleil. Ce bâtiment a pris la forme et la structure des rochers sur lesquels il se trouve. Sa façade reflète les couleurs claires du glacier de Tourtemagne et les nuances plus sombres de la roche. Bien que la nouvelle cabane de Tracuit, située à 3256 mètres, s’intègre dans le paysage à la manière d’un caméléon, elle est considérée comme une provocation par tous les traditionnalistes. Avec son esthétique froide et son caractère rectiligne, ce bâtiment en métal évoque davantage une arrivée de téléphérique qu’un refuge de montagne au sens traditionnel du terme. « Allure de vaisseau spatial », « bunker doté d’un charme de cantine », « machine solaire habitable » : les cabanes modernes dans les Alpes font régulièrement l’objet de critiques féroces de la part des traditionnalistes. Or, le nouveau look des cabanes ne constitue pas toujours une fin en soi, mais il est souvent dû à de nouvelles lois et coutumes. Quel degré de modernité peut-on tolérer pour les constructions dans les Alpes ? Bien plus qu’une démonstration architecturale : la nouvelle cabane Seethaler dans le massif autrichien du Dachstein. PHOTO : PREFA / CROCE & WIR Même en haute montagne, le temps ne s’arrête pas. La modernité s’est frayé un chemin jusqu’à 3000 mètres, voire plus haut. Le Club Alpin Suisse, qui a modernisé un tiers de ses 153 cabanes pour quelque 110 millions de francs suisses depuis l’an 2000, n’est pas une exception ; les autres associations alpines investissent massivement dans la modernisation et la transformation de leurs refuges. Il en résulte, le plus souvent, des annexes et de nouveaux bâtiments fonctionnels qui brûlent les yeux des amoureux de cabanes alpines rustiques avec leurs charmants volets rouges, leur toit à pignon et leur chaleureux poêle en faïence. De toute évidence, l’architecture alpine change. Non pas pour des raisons de style, mais par pure nécessité : dispositions légales aussi bien en matière de protection de l’environnement que de système anti-incendie, sécurité, durabilité et hygiène. Ces différents éléments sont obligatoires au moment de la planification. Quant au style contemporain et au chic urbain, il s’agit plutôt de figures libres. « Les cabanes actuelles doivent généralement fonctionner en autarcie », déclare l’architecte Stephan Hoinkes, qui a conçu la nouvelle Seethalterhütte sur le Hoher Dachstein, inaugurée en 2016, une construction qui a soulevé beaucoup d’incompréhension. DES EXIGENCES QUI AUGMENTENT Pourtant, à l’instar des autres cabanes rénovées, la nouvelle Seethalerhütte ne constitue pas seulement une figure de proue de l’architecture moderne. « Ces constructions doivent répondre aux exigences actuelles en matière d’écologie, de durabilité et de degré de préfabrication », explique Hoinkes. « La technique et la forme sont de plus en plus liées. » Dans le cas de cette cabane, cela est synonyme d’une façade dotée de panneaux photovoltaïques exposée au soleil de manière optimale et d’une inclinaison INSPIRATION 02 / 2020 Le principe Eschenmoser : une cabane de base polygonale permettant de maximiser l’espace intérieur tout en limitant la surface des murs extérieurs. des murs permettant un écoulement ainsi qu’une collecte de l’eau de pluie les plus efficaces possibles afin de soutenir l’approvisionnement en eau potable. L’enveloppe extérieure de la nouvelle Seethalerhütte n’est pas composée d’aluminium pour agacer les amoureux des cabanes en bois. Le fait est que ce matériau résiste aux intempéries et s’avère suffisamment léger pour être transporté en hélicoptère. Tout cela n’est en réalité pas une question d’esthétique. Les matériaux et la forme ont simplement été choisis pour leur fonctionnalité. Si les technologies de pointe utilisées permettent de répondre aux exigences des clients en termes de confort, elles ont un prix. Selon le CAS, les coûts de construction ont augmenté de 27 pour cent par couchette au cours des 20 dernières années, et l’espace nécessaire d’environ 21 pour cent par couchette. Les dortoirs sont remplacés par des chambres dotées de quatre à 12 lits. L’espace repas, la cuisine et les installations sanitaires nécessitent également davantage de place. Viennent s’ajouter des systèmes techniques complexes pour la gestion des eaux usées, la filtration ou l’approvisionnement en énergie. En raison des coûts élevés, la prochaine grande rénovation prévue à la Rothornhütte en Valais est retardée d’au moins une année, d’ici à 2021. Le bureau d’architecture de Zermatt Arnold-Perren-Zurniwen a estimé la construction à quelque 3,5 millions de francs suisses. Le montant principal, versé par le CAS, doit être complété par des fonds de loterie, des fondations et des dons. 39

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